Commandées par Paul Ramadier, les quatre médailles qui ornent le monument aux Morts ont été réalisées par l'artiste aubinois, André Galtié.
Decazeville possède quatre œuvres d'art, magnifiques et originales, qui sont pourtant méconnues - voire ignorées - pour une grande partie de la population. Il s'agit de quatre grandes médailles, ornant le monument aux Morts, dédiées à la fois aux morts de la guerre et aux morts du travail.
« Ces plaques, réalisées en bronze, sont des médailles et non des sculptures », précise Jean Meyniel, le président de l'office de tourisme decazevillois.
Autrefois, un kiosque à musique (qui trône désormais au jardin public) se trouvait devant l'église Notre-Dame. Orphéon et orchestres s'y produisaient régulièrement. Quand il fut déplacé et que la municipalité érigea le monument aux Morts actuel, le maire décida d'y apporter une touche commémorative supplémentaire.
C'est ainsi que Paul Ramadier, au début des années 1930, passa une commande à l'artiste André Galtié, originaire d'Aubin. Bien imprégné par l'histoire locale, l'artiste aubinois livra les quatre médailles en bronze et il obtint pour l'occasion le Grand Prix de Rome, une distinction de choix.
SOLDAT ET MINEUR, GUERRE ET PAIX
Quatre thèmes figurent sur le monument. « La paix », face à l'espace Wilson, est représentée par des fleurs, l'olivier et la famille. À y regarder de plus près, on discerne plusieurs détails intéressants dont la Découverte avec ses multiples gradins, le puits de mine, le paysan mineur avec sa lampe et ses sabots .
« La guerre », face à la pharmacie, est symbolisée par un guerrier au visage de femme. « Derrière ce guerrier, on aperçoit, entre autre, une tête de mort dont la silhouette est voilée ainsi que des gorgones, animaux mythologiques .
Deux autres médailles, d'un format plus réduit, sont orientées vers la rue Cayrade. On y distingue un mineur, surpris par un coup de grisou, ainsi qu'un soldat à genou, l'air résigné. Ces deux personnages, recroquevillés sur eux-mêmes, donnent une impression d'étouffement à l'instar des galeries de mine.
Enfin, une grande lampe de mineur trône sur le monument aux Morts. Cette dernière était jadis illuminée par une veilleuse ; aujourd'hui, l'éclairage se fait par le sol.